Famille BAUDET (Arras)

"L'humanité assise est minée par la fatigue nerveurse. Courir, c'est le moyen d'échapper a la sédentarité."
"La douleur est éphémère mais la fiérté est éternel."
36 jours : Ultra-Trail du Mont-Blanc

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CCC(c) 2012 ; la petite porte de l'UTMB; 90km 6000D+ , (revu cause météo)

C'est FAIT en 17h31 dans la pluie, la boue , la neige le vent !  540eme / 1584 arrivées sur 1839 partants ! GEANT !

tout ce que l'on aime pour cet ultra-trail d'exception ; on a eu plein de sensations !

Le vendredi 31 Aout; départ 10h de Courmayeur... 

CCC2012 ; un ultra-trail en condition hivernale ; un projet de 15 mois !

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LES BUS SONT LA

Vendredi 31 Aout, 7h du matin ; le sac sur les épaules, je m’apprête à descendre vers l’église de Chamonix et je croise une concurrente de la TDS qui a fini, après 24h de course et 58% d’abandon ; je la félicite et lui dit « A nous de jouer maintenant la CCC ». Les cars sont sur la place du marché de Chamonix et nous attendent avec notre ticket de passage ; je ne suis pas avec Laurent, Fabrice ou Fabienne, je pars dans les premiers cars à 7h30.

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LA TRAVERSEE DU TUNNEL AVEC UN ELITE

Je m’assois  à coté d’un traileur du club des sports de Chamonix qui fait partie de l’élite et compte arriver dans les 40ème… Un monde nous sépare, il est étonné que je vienne du Pas de CalaisEn arrivant à la sortie du Tunnel un « Houa !!! » collectif retentit : il faut beau à Courmayeur alors qu’à Chamonix, il pleut.

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CROIX ROUGE SUR LE DOSSARD

La Météo se dégrade rapidement à Courmayeur et suite au conseil de l’organisatrice, les sur-pantalons étanches sont mis ; d’autres optent plus léger mais le matériel obligatoire est dans le sac, des contrôles par des commissaires de courses sont effectués ; mon sac y passe et je gagne une petite croix rouge sur mon dossard !

METEO HIVERNALE : MODIFICATION DE PARCOURS

Le briefing indique une modification des parcours de la CCC et l’UTMB ; ce dernier ne passerai pas par l’Italie et la Suisse, et ne rejoindra pas notre parcours à courmayeur.

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COMME PREVU, LA TEMPÊTE EST AU FOND DU VAL FERRET

La montée au refuge Bertone fut rapide, avec un hélico qui tournait, mais il fallait me ménager et ne pas griller mes cartouches, malgré la pluie qui avait cessé. La traversée vers Bonnati et Arnuva dans la descente boueuse avec un super accueil (« Bravi »,  « Bravi » ) avec de la musique  nous révèle un paysage vers lequel  nous nous dirigeons : la tempête. Je pense à mes amis qui sont dans la deuxième et troisième vague à 10h10 et 10h20 !

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La neige recommence à tomber au refuge Elena et le brouillard est de la partie ; la montée sur Grand col Ferret est vraiment la réalité décrite par Madame Poletti,  l’organisatrice lors du briefing à Courmayeur : Le vent, la neige de face, sur le coté, à droite et a gauche, en fonction du tracé du chemin.

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UN COSMONAUTE  JAUNE DANS LA NEIGE

A 14h15,  Le col Grand Ferret à 2537m d’altitude avec un cosmonaute jaune qui nous bip le dossard ; les autres sont dans des cubes en verre et tentent de se réchauffer  à l’aide d’un groupe électrogène. Je fais quelque photos, hé oui… ça parait bizarre mais je prends le temps… on n’est pas sur un marathon et c’est extraordinaire de se trouver là en trail à cette altitude par cette météo ! Il doit faire au -5° avec ce vent.

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LA DESCENTE SOUS LA NEIGE ET LA PLUIE VERS LA FOULLY

La descente vers La Fouly est longue et un peu douloureuse pour moi ; je ne suis pas bon en descente et je laisse passer les TGV (traileurs Grand Vitesse) ; je ne veux pas me blesser et je compte assurer  mon arrivée et préserver mes jambes.

Enfin La Fouly, charmant petit village suisse et son Ravito bienvenu ; je tape sur la main de Dhouha, l’amie de Fabrice et elle me salue ; je comprends que Fabrice est encore derrière, malgré mes lentes descentes ; il ne m’a pas rattrapé et j’espère qu’il va bien ; je n’y reste que 3 minutes, je ne veux pas me refroidir, juste boire et manger un peu ; j’ai des réserves.

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SYMPATHIQUE DESCENTE VERS CHAMPEX AVEC « WATERLOO »

La descente vers la petite montée de Champex est très belle et à bonne température… mais cette fois c’est la pluie qui s’invite … Je sympathise avec un belge de Waterloo (prés de Bruxelles) pendant quelques kilomètres et il me confie que sa femme est une gazelle, loin devant nous… on  échange sur la bataille de Napoléon et nos difficultés à s’entrainer dans nos pays mais quel  défi ; Je lui fait remarquer qu’il y a de belles sculptures d’animaux en bois sur ce chemin que j’avais reconnu en Mai dernier , puis je le perds dans la montée après qu’il m’ait donné le dernier SMS des barrières horaires de cette CCC :  J’angoisse alors que j’ai 3 heures d’avance sur la barrière horaire.

Je croise des jeunes filles au tee-shirt bleu en délire total en nous voyant passer et je leur check les mains en passant ; je les retrouverai à Champex et leur dit Merci puis je les laisse aux autres participants (et non concurrents, nous sommes tous des frères en trail)

      

CHAMPEX ET SON CHAPITEAU EN ETUVE

Enfin Champex et la moitié du parcours ; je rate mon père qui ne m’a pas reconnu sous ma combinaison de pluie, j’y reste 17 minutes seulement ; je ne veux pas tomber dans le piège de s’assoir, de se changer et d’informer son corps que c’est fini ! Enfin c’est comme cela que je le vois. Je me restaure avec de la soupe, compotes, biscuits, pain… je sais que la nuit est dans 1 heure et qu’il faut emmagasiner du carburant pour les muscles et surtout  le froid… je garde ma troisième couche d’habits sèche, ma polaire dans le sac, bien protégée en cas de problème ou de blessure qui pourrait m’immobiliser.

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Je consulte mes SMS , et je m’aperçois que Nicolas (un ami traileur qui n’a pas eu la chance d’être tiré au sort), des collègues du bureau, Agnès qui a été forfait et bien-sur ma femme me spamment depuis le début et suivent ma progression ; je ne veux pas les décevoir ; je finirai ; d’ailleurs je n’ai pas de douleurs, pas froid , toujours très motivé et je connais les 2 prochaines étapes que j’ai repérées  en famille le mois dernier ...

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MISSION BOVINE AVANT LA NUIT

Je reconnais un français au petit drapeau tricolore sur son dossard, on discute un peu, il vient de Haute-Normandie, on parle du temps, pas si catastrophique, sans savoir que la neige nous attendait au tournant… On fait les fiers d’avoir affronté cette première partie puis il me dit ; « bonne chance, je me préserve dans la montée » et il monte à son rythme… je pars donc seul et il me doublera dans la montée après avoir fait une pause réconfort pour recharger les batteries et surtout boire de la boisson énergétique… surtout boire avant d’avoir soif et manger avant d’avoir un coup de barre…

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L’ARBRE FOUDROYE ET LES SAINT-BERNARD MECHANTS

La neige est sur le plateau et l’arbre foudroyé est toujours à la même place depuis Mai ; mais avec un autre éclairage… J’arrive devant des balises et deux St-Bernard m’empêchent de passer… je tente mais j’ai du mal à comprendre que ce n’est visiblement pas à travers les dents de ces gentils bestiaux que la CCC va passer… en fait il fallait tourner à gauche où une bergerie nous attend avec ravito et pointage ; superbe endroit ; je n’y reste pas beaucoup ; change des gants mouillés, frontale sur la tête car la nuit tombe : il est 20h13 ! Plus que Catogne… mais la descente vers le col de la Forclaz est longue et je me fais doubler malgré la belle portée de lumière de ma frontale qui avantage mes suiveurs ; je n’aime pas être suivi et être pressé ; c’est là que l’on peux chuter pour essayer de rester dans le rythme de l’autre. Les phares des voitures sur la route du col indiquent que l’on approche … seul repère dans cette nuit.

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TRIENT ; CA VA ?

Au col de la Forclaz, on se dirige vers le glacier de Trient… un chemin très plat, agréable, que j’ai parcouru au soleil avec ma famille… cette fois c’est en pleine nuit et sous la pluie. Au bout de quelques minutes, je m’impatiente de descendre enfin vers Trient… puis ça tourne… et j’entends les bruits du Ravito et de la route ou deux gilets Jaunes arrêtent les voitures pour nous permettre de traverser sans danger, dans la lumière des phares on peut alors se rendre compte qu’il pleut beaucoup !

Grosse Surprise à Trient, le Ravito est à 150m du détecteur de passage automatique… j’hésite un instant à continuer sans y passer… mais il faut reprendre une soupe et assurer la dernière montée… Un bénévole me demande « Ca va Christian ? » ; je lui réponds « Oui… et vous ? C’est la fête, merci d’être là pour notre confort » ! En sortant de la tente je m’esclaffe « Ho, il pleut ! C’est bête, il faisait pourtant  beau il y a 10 minutes » ; Un organisateur sourit à la plaisanterie et me souhaite bon courage et me disant : « ca sent l’écurie ! ».

22H-CCC-CB SUR UNE BRANCHE

Direction Catogne avec cette montée que mes enfants ont détestée en Juillet dernier ; je les entends encore râler,  comme une vengeance ce soir. En fait ce qui va me booster , c’est un traileur qui me dit « t’es une bonne locomotive toi ! » et j’ai 4 traileurs qui s’accrochent à mon rythme sans s’arrêter et en doublant même quelques « locomotives essoufflées »… pour une fois que je doublais... La Bergerie de Catogne est allumée et je me dis que les occupants doivent nous considérer comme des fous dans cette tempête de neige… Juste avant le plateau, je distingue la marque sur une branche morte d’un sapin que mon oncle avait gravée en juillet dernier « 22h-CCC-CB » ; il est 23h, j’ai une heure de retard mais ce n’est pas grave ; je suis toujours dans la course, sans blessure, sans avoir trop froid et avec encore quelques forces !

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CATOGNE ET LE CARRE NEIGEUX

Après quelques minutes, apparait  un feu de bois irréel dans cette neige et cette nuit : un Ravito ? Une grange ? Une bergerie avec du réconfort ? ca tombe bien ; mes gants sont trempés et je commence à ressentir le -10°, mes orteils sont gelés au contact de la neige qui refroidit les chaussures ! Juste un grand cube où un contact dossard a été mis en place… je n’en reviens pas de les trouver à quatre dans le vent et les bourrasques de neige ! C’est extraordinaire de rencontrer ces bénévoles qui vont redescendre bien plus tard, après une nuit blanche dans le froid à guetter les frontales ! « Aller Christian ! Bienvenue à Catogne » ; « Merci, Merci d’être là » ; je réponds ; « Ca va ? » me lance une des filles ; « Bien-sur ; il fait beau ! »  et  je les laisse derrière moi en pensant de longues minutes à eux.


 

TRAILEUR EN FEU DE DETRESSE ?

Les virages sont impressionnants et je reconnais le bruit de la cascade, des lampes clignotantes de chantier nous alertent sur les courbes dangereuses ! Trop drôle ces clignotants dans la montagne… un peu plus je pensais que c’était un traileur en feu de détresse !

VALLORCINE 1h05 !

Le son du Ravito de Vallorcine monte de la vallée ; mais c’est encore loin et les lumières de ce beau village ne sont toujours pas visibles. Le chemin de descente est long et je ne sais vraiment pas où je suis et où je vais… les fanions jaunes fluorescents sont heureusement là pour nous indiquer le chemin. Enfin un panneau « Vallorcine 1h05 » ; je me dis ; « bon, Christian ; faudrait allumer si tu veux te restaurer dans 20 minutes et te taper une bonne douche et un bon lit vers 2h30 du matin » !

J’allume un peu en descente mais je me fais toujours doubler… Arrivé à Vallorcine, ambiance du tonnerre car tout le monde ici sait qu’on a fini.

BONJOUR « ALIX et PAUL »

 Je ne reste pas trop longtemps ; la pluie continue, le chemin vers le col des Montets m’est familier, mais dans l’autre sens,  lors de trails. Je marche très vite ; aussi vite que certains qui essayent de courir sur ce faux plat. Enfin le col et le chemin du marathon du mt-blanc à l’envers. Je dis bonjour à mes enfants qui étaient juchés sur un caillou en Juillet dernier « Bonjour Alix et Paul » ; ca me donne du courage car je ne sais pas trop comment ils vont nous faire arriver au Lavancher. J’explique en anglais à un futur finisher que ça ne va plus trop monter et que c’est gagné.

LAVANCHER ET HUMOUR

Le Lavancher est franchi avec une traileuse qui me sèmera dans la descente ; ce n’est pas grave ; je savoure cette descente dans le noir ; je ferme les yeux mais je me fais peur en frôlant l’endormissement alors que mes jambes courent toutes seules. Dans le bois du Boucher, trois dames me disent « encore 3km et vous êtes arrivés » ; je rétorque en rigolant « ha zut alors , je m’arrête là » ; stupeur et incompréhension ; elles m’encouragent à continuer et ne pas lâcher. C’est plus long que prévu cette descente vers Chamonix mais il y a toujours des personnes le long du chemin malgré les 3h du matin !

JE RALENTIE POUR SAVOURER

&nnbsp;« A l’atero des parapentes » ; un jeune me dit « super, allez relance ! » ; je lui dit « Non… je savoure !» ; je ne voulais plus que ça s’arrête ; j’étais sûr d’arriver maintenant, heureux d’avoir fait cette boucle et je savais que l’arrivée serait un grand plaisir solitaire sans public. J’ai même raté mon père qui m’attendait encore à l’arrivée, à 3h 30 du matin ! Dans la rue principale de Chamonix ouverte pour nous… quel bonheur d’arriver et de faire cette boucle devant le casino … comme les premiers ; comme les derniers ; comme tous les finishers.


 

FELICITATIONS MONSIEUR

Deux  photographes immortalisent cette arrivée à 3h31 ce samedi 1er septembre et un organisateur me serre la main avec mes gants mouillés ; je suis très honoré et surpris d’entendre « félicitations ».

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Mon badge électronique de passage est détaché de mon sac et je récupère mes 20€ de caution ; je me dis j’ai gagné 20€ pour 17h30 de course… SUPER ! J’ai failli rater le stand du blouson bleu de finisher. Je retrouve enfin mon père qui a été prévenu par le SMS d’arrivée.

NUIT EN TRANSE

La nuit fut courte et je n’ai pas réussi &agraagrave; m’endormir ; je tremblais encore de tous mes muscles, j’étais en transe et en rêve et je revisionnais toutes ces belles images et sensations.

PARTAGE ET FOLIE

Aujourd’hui, j’ai du mal à partager ce que j’ai vécu avec d’autres ; c’est difficile d’expliquer sans être « traité » de fou ; c’est surement normal ; il y a 2 ans en regardant le poster 2010 de l’UTMB, je considérais les ultra-traileurs comme cela. Se confronter à la nature et à sa nature est le plus beau challenge de l’homme ; il faut oublier son chrono et l’égo de sa place comme sur les courses sur routes ; rester en communion avec ses forces et ses faiblesses, bien gérer sa course à tous les niveaux ; l’erreur se paye de suite en trail.

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MERCI

Merci à l’organisation et aux bénévoles et rendez-vous l’année prochaine pour la CCC ou la TDS ; Mince, encore 12 mois à attendre !

Annexes

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Quelques vidéos sur Dailymotion

Grand col Ferret dans la tempête de neige.

Le Ravito de La Fouly et à Champex. 

Montée à Bovine.

pour info... La plus grande course de 166km UTMB qui devait partir pour 48h le vendredi soir a été réduite à 100km et n’est pas passée par nos traces qu’ils devaient prendre ; il ne pouvait plus annuler la notre et mettre un itinéraire bis ! tant mieux !

On a été les seuls à avoir autant de neige et avoir traverser les 3 pays !

Au niveau de mes amis qui ont pris la course avec moi ... Fabienne abandonnera à Champex piégé par le confort du Ravito; Laurent arretera à La Fouly et Fabrice arrivera à 6h15 du matin A Chamonix; quelque soit le résultat ils ont été au bout de leur mental et de la force; Bravo et félicitations.

Un Article du Journal LEMONDE du Samedi 8 Septembre 2012 Page "Sport & Forme" sur la CCC 2012.

Inscription confirmée dés le 19 janvier ! Arrivée effective à 3h31 Samedi 1er Septembre au petit matin !

les photos sur PICASSA

 

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Contexte de cet Ultra-trail TDS

Enthousiasmé par la CCC (courmayeur-Champex-Chamonix 92km 5500d+) en 2012 dans des conditions extrêmes  et ayant largement les points pour me présenter sur L’UTMB en 2013 ; je ne pensais vraiment pas être dégagé au tirage au sort le 19 janvier 2013 ; Le choix de la TDS fut naturellement fait et dans la minute du tirage au sort ; c’était un choix par défaut qu’il aurait été  malsain de le prendre à la légère. Il faut grimper par étape jusqu’à un éventuel UTMB et la TDS a été la pour me le faire sentir. J’ai peu à peu pris en considération et en respect cette course délaissée par les coureurs de la CCC et l’UTMB ; elle ne mérite pas ce dédain et force le respect au niveau de la beauté, de sa variété de paysage et de ses chemins magnifiques. Je suis arrivé battant et volontaire le 28 Aout au matin, avec un peu de doute et de stress mais l’envie d’en découdre et de prouver que ce n’était pas une course par défaut mais bien un gros challenge que je devais passer et réussir.

Le SAC et le dossard  et l’équipement.

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Je ne suis pas fétichiste mais presque ; dans la poche intérieure, une pièce suisse trouvée lors de la reco CCC en 2012 avec Fabrice, une clé USB ‘Maya l’abeille’ que Gaëlle m’a offerte (elle a fait les gros entrainements avec moi (pas Gaëlle ) ; une petite fiole de Potion Magique  de la peluche d’Astérix que Louis m’a confiée pour avoir des forces ; des chaussettes roses datant  de ma première reconnaissance du trail des aiguilles rouges en 2011, mes bâtons (2 poignées de mains droites) …

La nuit et le départ

Couché vers 22h30 ; très dur de se concentrer pour dormir ; je somnole jusqu&rsrsquo;à 1h30 ; enfin 3h du matin, c’est fini je ne pourrai pas me rendormir ; 4h, je me décide à me lever et ne pas attendre le réveil de  4h30 ; je prends mon temps, essaie de manger des mini gâteaux sport avec de jus d’Orange ; ça passe mal.

Mes parents se lèvent vers 4h45 quand je m’apprête à partir. Merci de votre soutien et je remontre le sac que mon père doit m’apporter aux Contamines vers 1h du matin.

Je leur remontre les documents cartes et horaires de passages ;

Les Bus et le V2

Je passe exactement par le même chemin que l’année dernière en ne passant pas en dessous l’arche d’arrivée ; mais touchant le pilier droit et lui dit… ‘À demain’.

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Les pancartes des bus de 5h, 5h15 et 5h30 sont en place ; nous montons rapidement dans les bus et un V2 d’origine de Saint-Quentin en Yvelines s’assoit à coté de moi ; il a fait de beaux trails comme les templiers et le grand raid des Pyrénées ; mais c’est la première fois qu’il tente une distance pareil avec un dénivelé pareil ; il est confiant et pense arriver vers 13h-14 le lendemain (c’est ce qu’il fera puisque je l’ai rencontré le Samedi sur le salon de l’ultra) ; nous échangeons sur la stratégie à adopter sur la nourriture et la boisson ; je fais le prétentieux en montrant mon bracelet jaune avec les passages prévus sur les points du parcours ; 23h je pensais mettre et donc après reflexion 150eme ; il y avait un problème d’appréciation ; enfin c’était des indicateurs pour se motiver ou pour se casser le moral et le mental. Nous nous quittâmes à la sortie du bus en nous souhaitant bonne course et du plaisir dans ce périple.

15eme en 2012 ; 16 en 2013 et l’attente.

 Je sors du bus et j’aperçois un traileur qui visiblement n’hésite pas à trouver la route pour monter à la place brocherel de Courmayeur ; on échange et c’est un mec de l’équipe Technica ; il a déjà à son actif 2 CCC ,2 UTMB et 1 TDS ; il me conseille de bien considérer la TDS comme difficile et très technique ; il compte arriver vers 23h et se placer ; il arrivera vers 1h du matin en 16eme au général et 3eme V1M ; respect Patrick Pajean !

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Boulanger de Bourg-Saint-Maurice

Habillé tout en blanc Salomon, Eddy , dossard 8256 (boulanger au super U de Bourg)  se mêle à notre conversation avec Patrick sous l’arche de départ. Très sympa et bénévole en tant que fermeur sur la TDS l’année dernière entre Courmayeur et Bourg-st-Maurice ; il a la fougue de sa jeunesse et son enthousiasme à en découdre en 21h ; je m’incline face à un petit jeune. Mes 23h sont prévues pour un vieux V1 mais j’espère les tenir.

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Le débriefing et le départ

Avec une voie typiquement italienne, Marco le responsable UTMB du coté italien, nous motive en nous traitant de héros (avant l’heure je pense… il faut rester humble et modeste) ; le speakeur abonné des courses de la vallée nous demande de crier notre joie ; il nous relance une deuxième fois puisqu’il  nous vexe tous en nous faisant remarquer qu’il devait y avoir 2 traileurs sur le départ vu l’enthousiasme en retour. Il nous fait tenir les mains de nos voisins traileurs en haut avec les bâtons pour la photo souvenir du départ.

Derniers conseils de Madame Poletti, sur le respect de la montagne, la solidarité entre coureur et l’esprit montagne et la possibilité d’une pluie fine en nuit du coté du Cormet de Roselend.

45s…

Ca y est ; on y est presque… tant d’heures passées à s’entrainer ; à faire les mêmes montées 10 fois dans le Pas de calais… toutes les belles randonnées dans le Yosemite et au Lac Tahoe en Juillet en mode trail et découverte ; le half-dome en 3h ; l’heure de vérité a sonné ; faut pas se griller et bien gérer. Je remets mon GPS à zéro plusieurs fois ; mais il ne capte pas le satelitte et je m’aperçois qu’il est encore à l’heure de San-Francisco 21h59 !!! faudra bien qu’il se synchronise à nouveau et il tracera quand il voudra.  Quelques photos encore pour l’ambiance et un petit film à 45s du départ.

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5.4.3.2.1 et c’est parti en allure soutenue ; ca double déjà sur les pavés et puis la descente vers le parking des bus puis le village et le lavoir ou nous avions fini la reconnaissance de mai dernier ; ça y est ça monte sur les pistes de ski et je sors les bâtons du sac.

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Checrouit ; 1er troncon

Dans la montée, je m’efforce de continuer à monter vite tout en enlevant ma polaire (je veux la garder sec au cas où) et la mettre dans mon sac avec les bâtons sortis et encombrant ; j’optimise la montée et j’économise 1 minute… je suis fier ! (je ne sais pas encore que je vais compter en heure après !) ; c’est super beau sur le plateau et tout vert sans neige par rapport à mai dernier ; on prend exactement le chemin pris et testé. Le premier Ravito et premier Coca du matin !

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Combal

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La descente vers le lac Combal est magnifique avec l’aiguille noire de Peuterey et le Mt-Blanc coté italien ; je ne suis pas habitué a cette perspective ; nous restons un moment sur le flan en montée légère puis la descente vers Combal et le Ravito au fond de la vallée ; je passe vite mais prends des forces ; je ne connais pas ce trajet et cette montée au Col de Chavanne ; je dis merci à madame Bip qui top mon dossard pour la trace SMS , Web et surtout la preuve que je suis passé.

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Col de Chavannes (2603m)

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Superbe col et une vue magnifique ; je consulte mes SMS sans y répondre et je vois que je suis suivi à la trace et que nombreux ont constaté que j’avais de l’avance sur mes prévisions (17 minutes) ; il est 10h27 du matin et déjà 19,7 km et 1962D+ ; ca me donne du courage de le savoir.

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Je plaisante avec les bénévoles en voulant faire le mont Lechaud à 2805m au lieu de partir dans la descente sur le chemin 4x4 ; de nombreux véhicules des bénévoles sont sur le chemin dans la descente garés sur le coté ; un 4x4 immatriculé 95 me dépasse; beurk le gasoil ; je me fais doubler beaucoup mais je me préserve comme je me dis pour me rassurer. Avant d’arriver sur le beau Lac de Vernay ; une personne avec un gilet finisher de la TDS 2012 nous encourage ; il y avait eu 40% de finisher .

Lac Verney et Col du Petit Saint-Bernard

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Une petite remontée vers un nouveau col et un chemin taillé et escarpé à travers des grosses fleurs ; ce n’est pas a priori un chemin de randonnée ; il a été fait pour nous à travers la verdure haute ; ca glisse et c’est humide.

Grandiose ce lac et au fond le Col du Petit-St-Bernard ; un grand moment de bonheur et le trail qui passe le long de l’eau sur la longue plage… puis la montée terrible encore une fois à travers un chemin ou il est impossible de planter les bâtons ou des les placer pour s’aider. Une très belle ambiance à l’arrivée ; un groupe de filles déguisées en vache avec cloches sont la ; on les retrouvera aussi à Bourg Saint Maurice. Je ne tarde pas trop mais fait bois beaucoup et déjeune bien et prends des réserves dans mon gobelet pour manger en marchant dés la sortie du Ravito. Déjà beaucoup de monde éprouvé et assis qui récupère sur les bancs. Je range mes bâtons et j’appréhende la grande descente sur la voie Romaine, je me fais doubler modérément  sous cette chaleur.

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A travers le village de Séez, de beaux chalets et enfin du monde pour nous accompagner dans cette descente infernale ; des escaliers en bois maintenant en rondins ; ‘ca fait du bien’ dis-je tout haut à des personnes sur un banc ; ils rigolent.

Des petites filles sont sur un muret et ont fait un cercle de cailloux ; je leur fait une grimace ; elles rigolent et me disent  « t’as vu, c’est beau » ; je leur conseille de mettre des fleurs au milieu puis je continue de me diriger vers une route maintenant.

 Je ne pensais pas mettre 2h pour arriver à Bourg Saint Maurice.

Bourg-Saint-Maurice

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A 800m d’altitude ; il fait chaud au fond de cette vallée ; ce n’est pas très joli sur les 3 derniers kilomètre du centre-ville. Arrivé par la gare, je pense à tous ces skieurs de l’hiver qui ne se doutent pas qu’en été il y a des traileurs qui passent ici au bout de 50km depuis Courmayeur. Le ravito est sur une belle place et c’est un point d’assistance autorisé pour les coureurs ; je n’ai prévu personne ; trop loin de Chamonix, moi ça sera vers 1h du matin aux Contamines normalement ! Je me restaure et commence l’eau gazeuse pour prévenir les crampes et me préparer à la montée de 2000D+ qui nous attend. Contrôle systématique des sacs de tous les traileurs à la sortie, sage précaution car ca va être très sauvage et la nuit sera au rendez-vous dans 5 à 6h.

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Dans les rues de Bourg Saint Maurice, j’échange avec un homme sur vélo qui m’annonce que ca va être magnifique la montée, puis je fais semblant de prendre un cornet de glace à des touristes ; je me plains avec humour à deux autres dames que je n’avais pas signé pour monter et descendre et que je le savais pas.

 A peine sortie du ravito à 1km qu’une fontaine est sollicitée pour se rafraichir et se désaltéré ; ca promet…

Fort de la Platte

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Le chemin monte fort mais encore un peu ombragé ; puis je tombe sur Eddy allongé en travers du chemin qui se tient la cuisse gauche ; je m’arrête et lui demande si c’est une crampe. Il a une boule dans le muscle, donc un claquage comme il le pressent ; il commençait à le sentir à arrivant à Bourg Saint-Maurice ; La première montée raide après un effort de 52km lui a été fatale ; je n’ose lui dire « bien, t’es chez toi maintenant ; rentre te soigner » ; c’est à lui de prendre la décision ; j’ai mal pour lui ; un gars du pays qui explose ici ; tout s’écroule pour lui. Je prends conscience encore plus que tout ce qui peut m’arriver et que personne n’est à l’abri. Au Fort de Platte ; déjà des traileurs affalés se reposant et reprenant souffle ; je m’y attarde un peu pour des photos mais je ne veux pas qu’ils me transmettent leur fatigue et leur manque de motivation. Je commence à sentir des douleurs un peu partout et devient hypocondriaque. J’ai l’impression que les douleurs passent d’une jambe à l’autre, d’un genou à l’autre… c’est stressant mais ca tient et c’est surement normal ces influx nerveux de douleurs.

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Col de la Forclaz

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Belle bergerie dans cette petite place forte avec des chèvres ; Un ravito et surtout un conseil de remplir nos poches d’eau ; plus aucun ravito d’ici le Cormet de Roseland ; j’ai ce qu’il faut et je continue à une bonne allure mais je sens déjà que je manque de carburant ; trop de sucres Haribo ; alors je me force à manger des petites galettes de gâteau sport qui se digèrent vite ; et du powerade en boisson. ; je m’accroupis longuement et fais quelques étirements… pas trop mais suffisamment pour oublier les premi&egegrave;res douleurs musculaires, articulaires. Je me dis alors ; si je finis cette TDS ; je ne mettrai pas le gilet TDS de finisher dans Chamonix ; je veux rester humble et en fait c’est pour moi ce défi et pas pour les passants pour craner. Un signe distinctif qui ne m’empêchera pas de discuter avec certains finishers TDS dans Chamonix.

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Vers le Passeur de Pralognan

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Déjà , de nombreux traileurs en déroute dont un assis que je me prends à réconforter et à lui demander s’il  a des crampes. Problème digestif, il a trop forcé et son appareil digestif a bloqué pour privilégier les muscles ; c’est une réaction de survie mais qui est fatal au 60eme km.

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 Il repart quand même et me double quand je décide de mettre ma veste imperméable ainsi que mes gants ; j’avais l’impression de perdre de l’énergie en bravant la fraicheur qui arrive maintenant. Bien qu’éprouvé par cette montée ; j’apprécie ce paysage et je constate au loin le passage du Passeur ; c’est magnifique et grandiose cette partie naturelle. La TDS mérite bien son qualificatif de ‘Très nature’. En montant un ermite en Slip kangourou très Glamour , avec son sac à dos d’un autre âge. Il prend des photos ; nous sommes tous couverts et lui presque à poil !!!

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Passeur de Pralognan

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Enfin le col et cette fameuse descente ; Il va falloir s’accrocher… même avec la corde ; c’est très technique et glissant et plein de roches ; on ne peut courir ; d’ailleurs plus personne de court et ne courra jusqu’au Cormet de Roselend (sauf exception de 2 à 3 coureurs qui courront aussi vite que l’on marchera  sur le plat en direction de ce Ravito) ; un hélicoptère nous passera au dessus en filmant ; je fais signe en espérant être dans le futur DVD de cette course ; il en a fait des rushs de films ! Cette descente est très glissante et j’ai bien failli me faire surprendre et me blesser en tombant  même avec la corde dans les mains ; j’ai de suite pensé à sentir mes jambes si je n’avais pas fait un faux mouvement en tombant et en déclenchant une crampe fatale ou claquage ! La solidarité entre traileurs est là et, de suite, des demandes d’état de mon physique affluent  ; il va falloir se calmer et ca me refroidit. « Tout est OK, merci »je leur lance pour les rassurer et pour me rassurer aussi !

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Cormet de Roseland

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Quand je rentre dans ce ravito ; il fait encore jour et je laisse mon ami de 2h s’arrêter et échanger avec la femme d’un traileur qui a déjà abandonné à Bourg Saint Maurice ; je lui ai conseillé de s’arrêter longtemps à ce Ravito, de bien manger et de se réchauffer pour remettre la digestion en activité. Je ne reverrai pas ce lyonnais d’origine et je pense qu’il fera partie des 200 abandons à cette étape ; un haut-parleur demande d’ailleurs aux abandons de se rendre au bus à l’extérieur ; ca fou des frissons.

Je décide de bien manger ma soupe, du pain, du saucisson, du fromage, des gâteaux, car je sais que la nuit est bientôt la !

Je remplis ma poche avec de la boisson énergétique ; beurk mais ca sera trop tard quand je m’en rendrai compte dans la montée au col de la Sauce. Je sors du Ravito et je souhaite bonne nuit à une traileuse que je double et je m’accroche à un train d’anglais.

 

Le noir complet et perdu

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Je n’ai toujours pas de réseau pour prévenir que j’aurai du retard à ma famille qui comptait venir me soutenir aux Contamines ; je décide de mettre mon téléphone en mode sonnerie et dés que j’entendrai un bruit de SMS, alors c’est que le réseau est revenu ! Quelques kilomètres entre La Sausse et la Gitte, j’arrive enfin à les joindre et à leur téléphoner à la lueur de la frontale tout en montant.   J’ai au moins 1h de retard, voire plus ; je leur conseille de ne pas venir tout en espérant qu’ils seront la ; ils vont attendre jusqu’à 3h du matin a 1 km des Contamines avec une banderole « RUN FORREST, Courage KIKI »

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Dans la conversation Sophie, ma sœur me parle d’1h30 pour le col Joly ; je comprends que j’ai encore 1h30 pour y aller alors que c’est  1h30 du matin au col d’après les estimations du site web… ca me rend un peu dépité mais j’encaisse.&nbnbsp;; Je préviens aussi Fabrice qui veut m’accompagner de Notre Dame de la Gorge à Chamonix en entrainement pour sa Diagonale des Fous en octobre prochain ; il me confirme qu’il est sur place depuis 21h15 et qu’il m’attend ! je vais le faire attendre beaucoup, la descente du col Joly de 10km vers Les Contamines sera un peu glissante et surtout éprouvante ; je commence à bloquer au niveau des gestes de descente ; heureusement que j’ai les bâtons !

Toute la partie entre La sausse et le col de la gitte est dans le noir et une petite bruine qui va me refroidir et me faire douter ; je m’accroche à un train de traileur dont mon wagon sera un d’origine de Laponie ; je me suis excusé d’avoir confondu son drapeau avec celui de l’Autriche. Mes remarques en français sur le parcours ne seront pas comprises ; Aux lueurs des frontales ; je devine et prends les montées et les descentes et j’espère toujours arriver sur un relief connu ; celui des Contamines et du domaine de ski que je connais l’hiver. Je comprends au détour d’un feu d’un bénévole sur le coté du chemin que le chemin du curé ; voie de descente escarpée et taillée dans la roche, est bientôt là&nbsnbsp;; je l’ai vue en photo, je vais la découvrir à la frontale et c’est aussi impressionnant de ne pas savoir combien de mètres fait le gouffre à droite ; le bénévole nous dit ‘faites gaffe à la descente’… tu m’étonnes… tu trébuches et tu passes dans l’autre monde dans le torrent d’en bas .

Je continue à m’alimenter mais l’eau de la poche avec cette boisson énergétique me donne mal au cœur ; je n’arrive pas trop à boire en fait.

Vers JOLY

 Enfin nous arrivons au sommet et à l’est du col Joly ; c’est long et j’aperçois certaines remontées mécaniques sur ce flan de montagne.

Je distingue le Ravito avec le chanteur « Sting » en musique dans les haut-parleurs ; je pense au « main square festival d’Arras » de cette année. Un 4X4 monte et éclaire le large Chemin ; il vient chercher un traileur qui s’est luxé l’épaule ; il était blotti dans un coin du chemin calme et la mine défaite. Le 4X4 fait demi-tour pour se trouver dans le bon sens et éclaire le chemin comme 100 frontales ; je plaisante avec des traileurs en leur disant que je viens de changer les piles.

J’arrive au col Joly et je me fais Bip ; je dis au bénévole « c’est fou cette musique forte ; vous allez faire peur aux vaches » !

Le ravito est presque vide mais les bénévoles très sympathiques et heureux de nous accueillir ; je mange rapidement car je me sais attendu ; je repars par l’entrée du chapiteau  et on me conseille de sortir par l’arrière du chapiteau.

Notre Dame de la Gorge

Fabrice arrive à me joindre dans la descente et s’inquiète ! Je lui confirme que je suis à 200m de la chapelle de Notre Dame de la Gorge ; il est rassuré et ne prête pas attention à  la distance évoquée ;  j’aperçois des lumières et puis une frontale qui monte à contre sens ; je crie « Fabrice » sans réponse ; il m’attend bien au petit pont ; je le rejoins enfin et je marche rapidement même si c’est du plat ; c’est presque gagné mais on doit encore se ménager pour les 30 derniers kilomètres.

On échange sur mon physique et me rassure et me réconforte ; Merci encore Fabrice d’avoir attendu aussi longtemps ;

Les Contamines

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Nous arrivons enfin sur un espace dégagé et je comprends au son de la voie de Gaëlle qu’ils sont tous la (Gaëlle ma fille , Sophie ma sœur ,Florence ma belle-sœur, David mon frère , Jacques mon oncle, Papi mon père), et Thomas  ; je crie « Gaëlle » et ils déploient une banderole et m’accompagnent en marchant vite au ravito des Contamines ; je n’en reviens pas de marcher dans la nuit avec eux et a échanger ; je ne peux les embrasser puisque je me sens un peu salé et en sueur ; ce fut un magnifique accueil ;

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Ils me quitteront à la sortie du Ravito des Contamines à 4h du matin avec Fabrice qui avait décidé de finir cette TDS avec moi. Je remets de l’eau dans ma poche et me nourris pour la montée au Col de Tricot. J’ai pris du temps aux Contamines pour profiter de mes proches et s’avourer cette nuit irréelle et avec un grand espoir de finir cette TDS 2013.

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Tricot via Miage

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Le parcours a été reconnu en mai dernier et je sais que ça va casser les jambes ; j’ai vraiment repris du poil de la bête et les montées ne me posent pas de problèmes ; on échange avec une fille qui visiblement peine dans la montée aux chalets du Truc ; elle fait partie d’un groupe d’amis et elle est satisfaite de sa place et de son temps. Je reconnais de nuit les chalets que nous avions vu sous la neige en Mai dernier, puis la descente vers les chalets de Miage et la montée au col de Tricot démarre.

Un groupe estime la montée à 2h30 ; il est 5h45 et je corrige leurs estimations en indiquant que je serai en haut au levé de soleil à 6h30 ; c’est ce qui sera fait pour Fabrice et moi ; c’était un chemin sinueux dont on ne voyait pas le bout, ni la sortie sur le col ; je me disais, profite ; c’est la dernière montée de cette TDS (ou presque). En fait magnifique et grandiose ; je n’étais jamais venu ici et je redécouvre la vallée de Chamonix enfin.

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Le Beep de contrôle du bénévole indique 320eme ! J’incrémente le compteur avec ceux qui me doublent dans cette  descente douloureuse encore ; je me ménage car je veux terminer et je ne prends plus de risque ! En fait le classement est mauvais ; et je suis 395eme au col ; j’ai grillé 23 personnes dans la montée !

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Bellevue

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La passerelle au-dessus du torrent du Glacier de Bionassay ; elle est franchie par deux (question de sécurité), Le passage de la moraine est très pentue et de nombreux traileurs ne comprennent pas pourquoi ca monte encore ; enfin Bellevue après 3 portes avec gros ressort anti-passage de vaches : un bruit bizarre à chaque passage de traileurs  dans cette montagne que l’on a dompté ou qui nous a laissé passer tous (enfin ceux qui sont autour de moi). Les voies du train à crémaillère sont franchies et Bellevue enfin. Un contrôle de dossard et un beep et la descente

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Vers Les Houches et les gaillands.

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La descente de la piste verte de ski où on se teste en vitesse en famille ; puis le chemin à côté de la cabane de la  remontée mécanique et maintenant des bois et un chemin ; je continue à faire attention à ne pas glisser. Le chemin est légèrement différent de celui pris lors de la reco en mai dernier ; il évite en fait le couloir d’avalanche et les parties ou il y a des arbres arrachés.

Un photographe tapi sur le côté de la route immortalise les rescapés devant l’Aiguillette des Houches. A nouveau des habitants nous précisent qu’il reste peu pour le Ravito qui est à l’église. Un rapide breuvage comme disent les canadiens et nous repartons Fabrice et moi en direction de la gare des Houches ; c’est évident maintenant le chemin pour moi, presque par cœur ; je décide alors sur ce chemin de 7-8km de recourir à plat à allure soutenue pour ne pas mettre 2h pour y arriver et ne pas faire trop attendre la famille à Chamonix. Je leur téléphone à 3km de l’arrivée et ils sont déjà au centre de Chamonix ; c’est super et je suis très honoré.

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Chamonix au sprint

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Le site de l’accro-branche est franchi et je deviens euphorique même si les jambes sont lourdes et  me le font savoir. La petite montée vers l’EMHM est la dernière difficulté et j’arrive à courir et à doubler ceux qui marchent et qui sont tétanisés. Je me sens des ailes sur le dernier kilomètre ; je rencontre Gaëlle qui m’accompagne dans la rue principale de Chamonix ; ca déroule vite.

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Fabrice passe par le haut pour m’attendre sur la ligne d’arrivée ; je vois au loin devant la Poste la banderole de ma famille « Run Forrest, courage Kiki » en plein milieu des spectateurs. Je décide, je ne sais pas pourquoi encore de tenter un sprint , et ça marche et ca court… , Louis mon fils , Vincent mon filleul, Timothée arrivent à m’accompagner sur les 50 derniers mètres sous l’arche d’arrivée. Le speakeur me dit seulement « ca va Christian » en voyant mon dossard ; « ca va » et je savoure assis sur l’estrade ; content d’avoir fait cette TDS et fier d’avoir ma famille à côté de moi et mes amis comme Dhouha et Fabrice.

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Epilogue et remerciements !

Je n’oublierai pas aussi tous les sourires des bénévoles et les paroles échangés ; ils sont tous des supporteurs en puissance tout au long du parcours ; ils savent pour certains ce que c’est un ultra et nos problèmes ; encore un grand merci de leur soutien ; j’ai toujours été très poli et respectueux car sans eux ; pas de course.

Pour la deuxième année ; je réussis une des courses de l’UTMB ; ca parait trop facile ; on oublie très vite les entrainements et les contraintes, les levées très tôt pendant les vacances pour être en famille pendant la journée; je suis content et je n’ose imaginer avoir essuyé un échec, et une certaine honte si je n’avais pas réussi compte tenu de l’année passée et de mes ambitions que je n’imaginais pas, il y a à peine 3 ans ; c’est passé, reste un grand moment de plénitude et de nostalgie en voyant nbsp;le film sur dailymotion  ; c’était magnifique, dur , parfois douloureux mais l’impression d’avoir dépassé ses limites et d’avoir fait un ultra exceptionnel et faire partie des finishers ; quelle chance ! Je remercie tous mes suiveurs par SMS, Web , ma famille, présents sur place , Fabrice mon fidèle ami qui m’accompagné pendant la nuit ; ce fut d’un grand réconfort ; Les Contamines était un havre de paix et une pause exceptionnelle ! C’était la plus belle course de ma vie !

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A travers le groupe PTL 2015 privé sur Face-book; de nombreux échanges entre les équipes finisheuses et arrétées; presque toujours du respect et des remerciements pour l'organisation. d'autres échanges d'équipes qui n'assument pas leurs faiblesses sur les reconnaissances et le travail en équipe en amont pendant 1 année.

Le texte du colonel COURAU (Chef de EMHM actuellement et participant à la PTL) résume très bien les qualités d'une équipe et de la préparation pour ce genre de raid. 

Merci à Hilaire COURAU de m'avoir envoyé personnellement son texte après quelques échanges par FB; je voulais connaitre sa gestion du sommeil et ses secrets de sa réussite.

 

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Dimanche 30 août 2015 à midi, une équipe de l’Ecole Militaire de Haute Montagne franchissait la ligne d’arrivée de l’épreuve d’ultra-endurance la Petite trotte à Léon, après cinq jours et cinq nuits d’efforts quasi continus. Organisée dans le cadre des courses de l’Ultra Trail du Mont Blanc, cette course sans vainqueur et sans véritable enjeu avait été créée et imaginée en 2008 par le colonel Jean-Claude Marmier, celui-là même qui fut le premier chef du Groupe Militaire de Haute Montagne de 1976 à 1986.

 

A l’image de ce personnage emblématique et haut en couleur, le parcours de 300 km pour 26 000 m de dénivelée autour du toit de l’Europe, se veut exigeant, rustique, technique en sortant régulièrement du « confort » des sentiers, et finalement requiert la plupart des qualités qui font le montagnard : minutie de la préparation, endurance sans faille, gestion exigeante de la course, adaptation permanente au terrain, condition physique et mentale irréprochable de chacun des membres de l’équipe, et surtout humilité face à la montagne…

Au cœur de l’aventure, une équipe de trois officiers chasseurs alpins de l’école mère des troupes de montagne, l’EMHM, liés par le même objectif et mus par la volonté de rendre modestement hommage à leur ancien, partant se confronter à d’autres coureurs venus des quatre coins du monde. Au fil des kilomètres, des cols, des torrents, des fonds de vallée, des sommets, des nuits sans sommeil, des ravitaillements, des refuges partenaires et du soutien extraordinaire des bénévoles de l’organisation,  chacun va d’abord se découvrir soi-même. « On ressort de cette épreuve grandi par la connaissance de soi et de ses compagnons d’équipée. On prend conscience des ressources inimaginables qu’offre le corps humain, pour peu que la tête sache et veuille les mobiliser » témoigne le lieutenant-colonel Hilaire COURAU. L’équipe apprend à gérer l’effort collectif et exploite ces immenses possibilités du corps humain, « Je me suis surpris moi-même, jamais je n’aurai imaginé cumuler tant d’efforts avec si peu de sommeil…. » déclare le capitaine Eric Morland. « Cette chevauchée n’est pas tant une prouesse physique qu’une épreuve de gestion de la souffrance et de mise au pas du corps par son organe noble… Nous y avons compris que le cerveau commandait en (presque) tout ! » ajoute le lieutenant-colonel Augustin Jacqmin, contraint à l’abandon sur blessure au deux tiers du parcours. La course pourrait d’ailleurs se raconter en trois phases d’environ 100 km et 9000 m de dénivelé chacune : une première phase de mise en route et d’euphorie pendant laquelle cerveaux et organismes sont à l’unisson, une deuxième phase d’apparition de toutes les douleurs, l’organisme prenant le pas sur le cerveau en tentant d’obtenir l’abandon et une troisième phase de suprématie de la volonté, l’organisme dompté ayant intégré la détermination à arriver au bout.

Le secret de la préparation de l’équipe : la motivation, la rigueur et l’expérience. Un projet né une année plus tôt, presque sur le ton de la plaisanterie, avec au programme quelques longues séances d’entraînement, de jour comme de nuit, par beau et mauvais temps, souvent en fin de semaine et en dehors du service. Un certain nombre de tests d’équipement ont permis de trouver le matériel adequat permettant notamment de faire face à des conditions météorologiques potentiellement sévères. De longues heures passées sur les cartes à étudier chaque détail du terrain pour optimiser l’orientation, ne pas être pris au dépourvu et finalement gagner du temps. Il a également fallu préparer et mener des reconnaissances de l’itinéraire, établir une tactique de course et ne rien laisser au hasard : cette épreuve se prépare, toutes proportions gardées, comme une véritable expédition, avec la rigueur et la méticulosité d’une opération militaire. Car contrairement à ce que l’on peut imaginer, cette réussite n’est pas le fait de performances cumulées de trois athlètes de haut niveau, ce qu’ils ne sont surtout pas, mais plutôt d’une synergie vertueuse dans laquelle les fondamentaux militaires peuvent démontrer toute leur efficacité. C’était bien là le sens de la constitution de cette équipe composée du chef de corps de l’EMHM, de son commandant en second et de son officier supérieur adjoint.

 

Compromis entre l’ultra-trail et une course en haute montagne, cette forme de raid est avant tout une grande et belle aventure humaine ; elle permet de mettre en exergue toutes les qualités du soldat montagnard qui font la force de la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne et des unités spécialisées montagne. Nul doute que d’autres unités auront à cœur de relever le défi pour l’édition 2016.

Dailymotion avec North-Face Ultra-tour Mt-blanc ont déposé de belles vidéos.

UTMB® 2014 - Hommage aux coureurs :

http://www.dailymotion.com/video/x24wrdl_utmb-2014-hommage-aux-coureurs_sport

 

UTMB® 2014 - Hommage aux pieds des coureurs :

 http://www.dailymotion.com/video/x24wtac_utmb-2014-hommage-aux-pieds-des-coureurs-sacrifies-sur-l-autel-du-trail_sport

 

UTMB® 2014 - Race report :

http://www.dailymotion.com/video/x24wjti_utmb-2014-race-report_sport

 

Bénévoles & coureurs - UTMB14 - Volunteers & runners : http://www.dailymotion.com/video/x24yjlz_benevoles-coureurs-utmb14-volunteers-runners_sport

 

Vidéos Publiée sur Youtube (Merci Romain) ; Départ de Chamonix

 

http://youtu.be/vN4q12ABSe4               : Depart UTMB 2014 5mn avant StartDepart UTMB 2014 5mn avant Start H-15mn

http://youtu.be/U4bOkSv6ixQ               : Depart UTMB 2014 5mn avant StartDepart UTMB 2014 5mn avant Start H-10mn

http://youtu.be/_9QmqwxTtpc               : Depart UTMB 2014 5mn avant StartDepart UTMB 2014 5mn avant Start H-7mn

http://youtu.be/-UHMuXQLGZ0             : Depart UTMB 2014 5mn avant StartDepart UTMB 2014 5mn avant Start H-5mn

http://youtu.be/PEHba5R8KAA             : Depart UTMB 2014 5mn avant StartDepart UTMB 2014 5mn avant Start H-3mn

http://youtu.be/cEbJXT-x8yc                : 17h30