"L'humanité assise est minée par la fatigue nerveurse. Courir, c'est le moyen d'échapper a la sédentarité." "La douleur est éphémère mais la fiérté est éternelle."
   116 jours : Marathon de Paris    171 jours : Maxi-Race d'Annecy (82km)    206 jours : TGV Trail des Glaciers de la Vanoise

 

     

C’est Quoi ?

L’UTAT, Ultra Trail Atlas Toubkal, est l’un trail les plus authentiques au monde, avec un départ et une arrivée située au cœur de l’un des plus beaux et hauts massifs montagneux d’Afrique. Organisé par l’association Sports Nature Développement, l’UTAT se donne comme objectifs principaux de promouvoir les valeurs du trail et de faire découvrir la beauté des paysages marocains, la richesse de la culture du Haut Atlas et l’incroyable diversité de son patrimoine. Il est considéré comme la plus prestigieuse course de montagne au Maroc, installée depuis 11 ans dans le calendrier international. 

Unique de par sa technicité et son altitude, cette course particulièrement exigeante comprend notamment 6 cols de plus de 3000 mètres à franchir, dont le plus haut culmine à 3680 mètres. L’organisation offre le choix entre 5 formules s’adaptant à la condition physique de chacun pour relever cet incroyable défi. 

 

Mais le défi se trouve également dans le niveau d’exigence lié aux difficultés techniques auxquelles faire face pour organiser un tel événement, à l’instar de la couverture radio nécessaire pour relier 105km de course en pleine montagne sans couverture satellite et avec un réseau GSM limité. Cette année, après une nouvelle reconnaissance des parcours au mois de mai, des bénévoles de l’UTAT ont développé un nouveau système de chronométrage et de suivi en temps réel qui sera déployé pour la 1ère fois durant cette 11ème édition. 

L’UTAT c’est en effet plus de 120 bénévoles fidèles dont la passion et l’engagement conduisent chaque année à des innovations de plus en plus abouties. Tout autant motivés par l’expérience humaine et sportive que par l’amour et le respect de la nature, coureurs et bénévoles partagent durant 4 jours une vie en communauté au cœur d’un village éphémère monté pour l’occasion sur le plateau de l’Oukaïmeden à 2600 mètres d’altitude. 

Enfin, l’UTAT s’engage concrètement chaque année en faveur du respect de l’environnement, avec une empreinte écologique réduite, et pour le développement de l’économie locale, avec plus de 100 muletiers engagés pour monter le matériel médical et les éléments de montage nécessaires à la mise en place du village et des 21 postes de contrôle sur toute la longueur du trail. Des ateliers et visites guidées sont par ailleurs proposés avant et en parallèle des courses   

Le contexte

Fabrice, un ami traileur depuis 2012 (CCC) me parlait souvent de l’UTAT qu’il avait fait en 2016. Je n’osais pas quitter la France pour les trails, trop compliqué et trop égoïste de partir sans ma famille. En 2018 lors de l’UTMB au stand UTAT, Douha, la compagne de Fabrice, accroche ma femme sur le 12km de l’UTAT et la motive à venir avec des amies. Anne négocie pour faire le 26km en mode Randonnée pour découvrir plus de villages et de paysages. Après ma 3eme participation à l’UTMB, j’ai été démotivé ou mal entrainé car trop confiant et plus de nouveautés et rien à prouver après 2 fois finisheurs en 2014 et 2017. Il me fallait autre chose pour voir d’autres paysages, d’autres montagnes, d’autres motivations avec d’autres personnes. La vallée de Chamonix devenait pour moi trop connue et sans enjeux pour me dépasser. L’Utra du Beaufortin a été une étape en Juillet pour s’entrainer et découvrir de nouveaux paysages.

L’UTAT répondait à ce nouveau challenge, en plus avec ma femme et ses copines.

Quelques semaines avant le grand départ, Fabrice me demande mes temps de passages pour qu’il puisse m’accompagner de Imlile à oukaimeden (du kilometre 90 au 105km), comme lors de la TDS 2013.

   

 Je passe donc quelques heures à préparer un excel des passages estimés et établir mes prévisions. C’est relativement difficile et j’ai l’habitude de ma planter, comme pour le Beaufortin en Juillet où je comptais arriver vers 1h du matin alors que j’ai fini à 7h30.

Le terrain m’est inconnu et l’altitude n’est pas un facteur que j’arrive à estimer.

Voila ci-après mes prévisions et les passages réalisées. Ce planning s’avéra complètement sous-estimé, le terrain et l’altitude n’auront pas été suffisamment pris en compte dans les passages.

 

Le voyage et le Camp de base.

Anne a fédéré le groupe et a accompagné les démarches d’inscription, et notamment les sorties annexes autour du camp (visite de villages berbères, écomusée du lac de oukaimeden). Nous avions décidé de nous retrouver à la navette UTAT de 20h le Jeudi 3 octobre à l'aéroport de Marrakech. Les membres du groupe venaient de Paris, Pau, Nantes et Bruxelles. 

   

Au refuge CAF d'Oukameiden (club Alpin Français, section Casablanca), un dortoir de 10 lits nous est réservé, puisque nous avions décidé de ne pas dormir sous tente.

L’organisation nous avait attendu pour le diner sous le grand chapiteau. De grandes tables blanches et fauteuils blancs comme pour un mariage sont répartis sur environ 200 m2. Un buffet est dressé et les repas sont excellent, essentiellement à base de féculents, parfait pour stocker de l'énergie pour les courses à venir. Les bénévoles sont nombreux et très accueillants. Ce sont des passionnés et ils méritent un grand respect compte tenu des conditions de ravitos en milieu aride et en altitude. Je n’ai jamais vu autant de dévouement et  de partage aux ravitos.

 

    

La nuit fut un peu mouvementée, liée aux ronflements de certaines. (Je suis le seul homme et comme je ne ronfle pas, je pourrai balancer des noms). Le lit est top petit, je suis obligé de dormir à l’oblique.

Le matin, réveil puis déjeuner sous le chapiteau. Nous récupérons nos dossards avec vérification des sacs.

Plusieurs groupes se forment pour des balades autour du camp. Nous sommes un peu harcelés par des vendeurs de pierre (géodes) et colliers de pierres semi-précieuses.

Le midi, nous choisissons un petit restaurant ; au passage je récupère Tanguy qui lui, en vrai sportif, dort sous tente.

Tout au long du repas, Laurence B a un admirateur que nous appelons ‘John attend’, il reste subjugué par elle...C'est le clochard du coin, nous lui laissons en fin de repas les miches de pain non terminées.

   

L’après-midi, les filles visitent le musée du Lac d'Oukaimeden.

Nos amis Loches arrivent vers 14h30 et je les envoie déjeuner sur un des restaurant du village. Vincent est sur la course Utat-Challenge (42km le samedi et 26km le Dimanche)

Quant à moi, je prépare mon sac et dors un peu pendant ce temps-là.

Mon sac est bondé, je dois prendre un max d’équipement puisqu’il va faire chaud la journée et froid la nuit. Je stocke plus que nécessaire des denrées, puisque les ravitos seraient relativement légers. Je me mets dans l’optique de porter au moins 3l d’eau sur certaines parties.

Je suis un peu dans le doute, anxieux et un peu stressé sur cet ultra aux conditions inhabituelles.

            

 Vers 17h30, le briefing de Cyril, le directeur de course et responsable de l’UTAT me fait un peu peur compte tenu des détails des cols à plus de 3000m d’altitude et des conditions solos que l’on va rencontrer. Nous ne sommes que 77 au départ normalement.

Vincent est à mes côtés pour me soutenir ou se faire peur. 

Grand moment de briefing qu’il ne fallait pas manquer, d’ailleurs, je pense que tous les coureurs sont présents.

Le diner est à 19h30 après le briefing de 18h30 du 42km. Le stress monte et je n’ai pas trop faim. Je m’éclipse vers 20h30 pour aller me reposer et dormir.

Les filles finiront par se regrouper dans la salle commune du refuge CAF pour faire des jeux scouts un peu bruyants : toute refuge les entend rigoler ! Elles se feront remonter les bretelles le lendemain !